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La Banque Centrale Européenne (BCE)a relevé son taux directeur dun quart de point à 2,25% le jeudi 1 décembre 2005.
Aussi modique soit-elle (certains décideurs politiques avaient parié sur une hausse d'un quart de point),la hausse d'hier marque une rupture dans la politique monétaire accomodante de ces dernières années. La BCE avait observé un "statu quo" depuis deux ans et demi et le dernier relèvement remontait à il y a cinq ans.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet a indiqué que " le niveau de risques pour la stabilité des prix était tel que nous devions procéder à cette correction modérée".
Les économistes sont inquiets pour la pérennité de la croissance. Côté français, le premier ministre Dominique de Villepin souhaitait que "la hausse ne pèse pas sur notre capacité à relever " le défi de la croissance.
Le ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton a déploré le mouvement de la BCE qui coûtera l'an prochain 250 millions d'euros à la France. Mais d'autre part il a relativisé ce mouvement, puisque le président de la BCE a indiqué que cette hausse des taux ne préfigurera pas une série de hausses.
La croissance européenne est fragile et beaucoup de responsables européens avaient souhaité que la BCE attende que la croissance soit consolidée avant de monter les taux...
La motivation officielle de la BCE est une poussée inflationniste due pour l'essentiel à un facteur extérieur: le baril et sur lequel les taux n'ont aucune prise, et à un facteur saisonnier: les produits alimentaires.
Beaucoup d'économistes pensent que la vraie raison est à chercher ailleurs. La BCE s'inquiète sans doute de la bulle immobilière alimentée par le crédit facile. Ainsi les dettes françaises, allemandes et italiennes dérivent gravement, alimentées par des déficits publics que les Etats peinent à combler, ce qui menace à terme la viabilité du système. La hausse des taux va renchérir le crédit immobilier des espagnols qui empruntent à 75% à des taux variables (15% pour les français).
Tout dépendra de la suite des évènements. Plusieurs hausses auraient forcément des effets sur la distribution des crédits immobiliers.
Cette décision de relèvement des taux n'est pas une surprise, la BCE avait fait savoir son intention de mettre un terme à une période de taux inchangés depuis juin 2003. La BCE était prête à réduire quelque peu le caractère accomodant de sa politique monétaire actuelle. Espérons que la fragile reprise économique de la zone euro va se maintenir en dépit de cette hausse des taux.  |